SYMPTOME N°2 : SMARTWATCH, BATAILLE PERDUE D'AVANCE

January 20, 2022
10 SYMPTOMES CONNUS
Une autre contrée : dataland

La promesse d’Apple : « l’Apple Watch est l’accessoire ultime pour une vie plus saine »

‍‍On pense ici aux applications sportives ou aux questions de santé.

A propos, qu'est-ce qu'une smartwatch ?

C'est d'abord la collecte et l’exploitation de datas, l’or du 21ièmesiècle : des données précises, au sein de vastes communautés, utilisées au plus fin et en temps réel, mais aussi dans la durée. C'est un autre monde que celui de la micro mécanique et du quartz. L'élément régulateur n'est plus le couple « spiral balancier » mais le système d'exploitation c’est à dire Android, Windows, OS... C'est l'accès à un univers numérique grâce à un système d'exploitation dont seuls les GAFAM[1] ont les codes et la maîtrise.

Dès le début, il était illusoire pour l’horlogerie suisse de prétendre rivaliser avec les acteurs de la Tech, Apple en tête. On sait aujourd'hui que Facebook, Google et Amazon ont leur propre projet de smartwatch. Compréhensible tant on sait que la smartwatch est un vecteur puissant d'acquisition de data.

On comprend que la mise au point et l'usage de la smartwatch ne peuvent intéresser que des géants[2] de la Tech.

Quant à sa fabrication, à part la boîte qui pourrait être « Suisse Made », tout le reste est asiatique (écran tactile, composants...) ou américain (puce Intel, système d’exploitation…). Les tentatives de création de smartwatch « Suisse Made » étaient vaines et le demeurent. Le combat était sans espoir, il est perdu.

Une réussite cependant : l'Hermès Apple Watch dont le bracelet en cuir représente le cœur du prix total ! Bien vu...

En résumé, la data c’est l'affaire des GAFAM[3], pas des acteurs de la micromécanique ou des métiers d’art, en tout cas pas des horlogers.

Les milieux horlogers se consolent en expliquant que la smartwatch n'est pas en concurrence avec la montre dite « traditionnelle », peut-être un peu avec le quartz pour une question de positionnement prix mais que la montre de luxe n'est pas menacée. Faux ! On en oublierait presque la concurrence au poignet…

Pour mieux comprendre, inventons ensemble la Tesla Watch !                         

Elle aurait 10 caractéristiques. Elle serait :

1 - EXCLUSIVE, BELLE et donc... chère. Réservée aux possesseurs de voitures TESLA ou aux amateurs de SPACEX

2 - D'apparence MÉCANIQUE (avec un véritable composante mécanique type tourbillon mais pas pour donner l'heure) : co-branding donc... avec HUBLOT ? GREUBEL FORSEY ? RICHAR D MILLE? Grande marque de luxe française ?

3 - AUTONOME : pas besoin de la recharger ni de la mettre à jour (le contact avec la chaleur de la peau, le mouvement, le soleil suffiraient). On ne serait pas obligé de la porter tout le temps. Une #montre n'est pas une laisse...autonomie de la montre certes mais la priorité devient "LA LIBERTE DE L'INDIVIDU") On lisse, on gomme les rugosités de l'expérience client ! Esprit STARTUP !

4 - Vecteur d'accès à de nombreux services et donc... majordome / CONCIERGERIE (genre ALEXA, SIRI,OK GOOGLE ...). Exemples : loisirs, culture, gastronomie, insolite... SANTÉ aussi

5 - Bien sûr douée pour le SPORT (résistante, étanche, ...)

6 - Vendue exclusivement sur le WEB. D2C. Pas de boutique

7 - Non GENRÉE. Évidemment. Tendance lourde. Comme l’Apple Watch…

8 - Avec un bracelet VEGANE et DECARBONE

9 - Totalement RECYCLABLE

10 - Achetée sur ABONNEMENT, uniquement. Sorte de leasing. On résout le problème de l'obsolescence propre au numérique

Prêt à l'acheter ? Tentant…

[1] Google Amazon Facebook Apple Microsoft

[2] Ou futurs…

[3] Cf. les GAFAM chinoises dont Alibaba.

Winner of the 9th JRMH (watchmaking marketing research days, Chaux de Fonds, CH) on the theme : "the multiple lives of a watch (pre-owned watches)"
International expertise in watch&luxury, industry&retail, goods&services, in LinkedIn with >10.000 profesionnals worldwide
Laurent SAGE

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